Édito

Un marché à deux vitesses ?

Au premier semestre 2026, près de 1 900 logements ont été réservés en Bretagne, un niveau proche de celui observé un an plus tôt (-2 %). Cette apparente stabilité masque toutefois un ralentissement au deuxième trimestre, avec des réservations en baisse de 12 % par rapport à la même période de 2025. Depuis près de deux ans, le marché semble s’être installé autour de 1 800 à 2 000 réservations par semestre.

📈 À l’inverse, les mises en vente connaissent un net rebond. Près de 3 600 logements ont été commercialisés au premier semestre (+28 %), soit le niveau le plus élevé observé depuis huit ans. Cette dynamique, supérieure au rythme des ventes, entraîne une progression des stocks à la vente, près de 8 500 logements à fin juin, un niveau inédit. 

Parallèlement, la structure de la demande évolue

👨‍👩‍👧‍👦 L’investissement locatif repart à la hausse pour la première fois depuis deux ans et demi et représente désormais 32 % des réservations. À l’inverse, l’accession libre poursuit son repli, tandis que l’accession aidée reste relativement stable.

Ces tendances se retrouvent sur la plupart des grands marchés bretons, avec un recul des réservations et une forte progression des mises en vente sur la majorité des territoires. Dans le même temps, les prix poursuivent leur ajustement. En collectif libre, le prix moyen des logements réservés recule de 2,5 % sur un an, tandis que les prix à l’offre semblent désormais se stabiliser légèrement en dessous de 5 000 €/m² à l’échelle régionale.

⚠️Le premier semestre 2026 met ainsi en évidence un marché à deux vitesses. Les opérateurs retrouvent une dynamique de mises en vente, témoignant de leur volonté de préparer les besoins futurs en logements. Dans le même temps, la demande demeure insuffisamment dynamique pour absorber cette production, ce qui conduit à un niveau d’offre inédit.

L’évolution de cet équilibre au cours des prochains trimestres constituera un indicateur important de la capacité du marché breton à retrouver une dynamique plus soutenue.

Cécile Carlo
Présidente de l’observatoire OREAL