Édito

Un marché breton impacté par les turbulences géopolitiques et financières

 

Avec plus d’un millier de réservations sur le 3ème trimestre à l’échelle régionale (soit plus de 3.600 sur les 9 derniers mois), l’activité bretonne en promotion immobilière marque le pas et enregistre un recul de -19% sur les trois derniers mois. Alors que plus de 6.100 logements neufs avaient été réservés sur l’exercice 2021, les résultats de l’année 2022 ne devraient guère excéder les 5.400 lots vendus, sauf évènements majeurs en cette fin d’année.

 

Fortement impactées par la remontée des taux d’intérêt, les ventes ralentissent aussi bien sur le 3ème trimestre 2022 pour les ventes à occupants en libre (-6%), les ventes à occupants aidées (-25%) et les ventes investisseurs (-28%). En parallèle, les mises en vente restent encore et toujours à un niveau modeste, stable sur une année glissante (+1% à un peu plus de 5.900 nouveaux logements). L’offre commerciale progresse légèrement, à près de 4.700 logements disponibles sur l’ensemble de la région (+6% sur un an), mais ne représente toujours que 10 mois d’offre d’écoulement théorique.

 

Sur les marchés locaux des grandes agglomérations, la situation reste très contrastée à fin septembre. Rennes Métropole reste évidemment le plus actif avec un peu plus de 350 ventes sur le trimestre, en baisse (-14%), avec une raréfaction des investisseurs enregistrée depuis le 1er janvier (-11%) et des prix qui continuent de progresser sensiblement (4.900 €/m² en moyenne sur les 9 premiers mois, stationnement compris).

 

Avec un peu plus de 110 ventes sur le trimestre, l’agglomération du Golfe du Morbihan Vannes Agglomération est – de peu- le second marché breton, également en recul de -22% sur le trimestre (mais seulement de -9% depuis le début de l’année). Ici aussi, les investisseurs sont en net recul (-28%) et les prix moyens de vente frôlent les 4.700 €/m².

 

Le marché malouin enregistre à l’inverse une légère reprise sur le trimestre (+15%), après plusieurs trimestres difficiles, le recul depuis le 1er janvier atteignant ainsi -24% (et même -49% sur le seul segment des investisseurs). L’offre disponible reste cependant modérée, à moins de 600 logements disponibles au 30 septembre. Côté prix, la hausse est spectaculaire (+10%, à 5.420 €/m² en moyenne depuis le 1er janvier).

 

Brest métropole enregistre un peu plus de 100 réservations sur le trimestre, mais le marché reste en recul de -16% depuis le début de l’année, contraint par une hausse des prix qui excède les +15% sur les 9 premiers mois, à 4.140 €/m² stationnement compris. Les mises en vente demeurent actives, équivalentes aux 9 premiers mois de l’année 2020, et en léger retrait par rapport à 2021 (-7%).

 

Les autres marchés bretons se répartissent le reste de l’activité sur le trimestre, dans des volumes souvent modestes, à l’image de Quimper Communauté (24 ventes, +33%), Saint Brieuc Armor Agglomération (37 ventes, +16%), Lorient Agglomération (20 ventes, -82%) et plus globalement l’ensemble des marchés plus petits (Dinard, Dinan, Concarneau, Vitré, etc …).

 

A l’image de l’ensemble des marchés immobiliers résidentiels français du neuf, les marchés bretons sont impactés sensiblement par la modification des conditions de financement des acquéreurs depuis le début de l’année 2022, dont les taux moyens sont passés de 1,2% à 2,25% en un an pour un emprunt sur 25 ans. La baisse d’activité est ainsi sensiblement identique à l’échelle nationale (-14% de réservations depuis le 1er janvier, en comparaison de l’année 2021). Par ailleurs, la progression des prix constatée depuis le début de l’année 2022 sur la Bretagne se constate également un peu partout en France, compte tenu de l’importante progression des coûts de construction, phénomène qui s’ajoute à l’attractivité renforcée des territoires bretons depuis le début de crise sanitaire.

 

Nolwenn Lam-Kermarrec

Présidente de l’observatoire OREAL