Édito

Nouveaux reculs de l’activité enregistré en 2023 sur la Bretagne

Les marchés immobiliers du neuf de la région Bretagne ont enregistré en 2023 une nouvelle baisse, sur tous les segments et – presque – tous les territoires.

En matière de promotion immobilière tout d’abord, le volume des réservations a atteint péniblement les 3 300 unités sur la région, soit un nouveau recul de -29% par rapport à 2022. Depuis 2021, la baisse est même de -47%. Ces résultats sont inférieurs de 1500 lots vendus à la moyenne annuelle enregistrée depuis 2009. Une majorité des marchés locaux est toujours inscrite dans une dynamique négative, comme en 2022, à commencer par Rennes Métropole (-38%, à moins de 1.200 lots vendus), l’agglomération du Pays de Saint Malo (-44%) ou Brest métropole (-35%). Seule l’agglomération de Lorient (+15%) fait exception sur l’exercice 2023, tout en demeurant dans des volumes modestes (227 logements vendus).

Les ventes réalisées auprès des investisseurs se sont raréfiées dans des proportions très importantes (-39%), ces dernières ne représentant plus que 36% de l’activité régionale en 2024, contre 47% fin 2021, ou 51% fin 2019 pour mémoire.

L’offre de logements disponibles à la vente continue de progresser, à plus de 6.200 lots au 31 décembre 2022 (+17%), mais l’offre livrée invendue reste marginale (4%, soit un peu plus de 260 logements sur l’ensemble de la région). Les mises en vente ralentissement également en 2023 à l’échelle régionale (-16%), dans des proportions moindres que les ventes. Toutefois, le retrait d’opérations (abandons ou ventes en bloc en majorité) atteint des sommets, à plus de 850 lots sur l’année, soit des volumes qui n’avaient pas été enregistrés depuis 2014. Enfin, 2023 marquera une pause dans la progression des prix en neuf, à la fois pour les ventes (4900 €/m² stationnement compris au dernier trimestre, soit -1% par rapport au trimestre précédent) et pour l’offre (5040 €/m² soit -1%).

Du côté de l’activité régionale en lots individuels aménagés, la tendance est ici aussi à la baisse, les ventes reculant à nouveau de -41% sur l’année. L’offre progresse légèrement, à un peu moins de 3000 lots disponibles au 31 décembre, mais représente désormais près de 18 mois de vente, contre la moitié fin 2022. Quasiment tous les marchés sont orientés à la baisse, comme les Pays de Rennes (-53%), Vannes (-35%), Brest (-44%) ou Saint Malo (-34%). Une nouvelle fois, le Pays Lorientais se distingue (+15%), notamment grâce à une offre renouvelée récemment. Les prix de vente progressent comme en 2022, pour atteindre plus de 72.500 € moyen en 2023, pour 448 m², surface très légèrement plus compacte que l’année précédente.

Les marchés immobiliers neufs bretons, après le rebond en 2021, sont aujourd’hui dans une spirale négative qui peine à freiner, à l’image de l’ensemble des marchés du neuf en France. Rares sont les territoires à enregistrer des résultats positifs, même si certaines caractéristiques des territoires semblent impacter les dynamiques : les communes littorales bretonnes ne reculent ainsi (en promotion immobilière résidentielle) « que » de -7%, alors qu’à l’inverse, les polarités urbaines souffrent davantage (-41%). Et les périphéries s’inscrivent globalement dans la moyenne (-29%).

Cécile CARLO

Présidente de l’observatoire OREAL